Découvertes

Nik Neves, une cartographie de l’intime

Nik Neves est un illustrateur et auteur de bande dessinée brésilien. Vivant entre Berlin et Porto Alegre, cet artiste a fait du voyage une thématique centrale de son travail. En effet, une très grande partie de sa production est liée à l’expérience du voyage, depuis les cartes géographiques illustrées, carnets de croquis et journaux intimes visuels jusqu’aux récits en bande dessinée.

Depuis 2006 Nik Neves édite le magazine Inútil (« inutile », en portugais), où il publie ses bandes dessinées et présente différents aspects de sa production graphique. En 2013, il a conçu et organisé la Foire des Editeurs Indépendants « Parada Gráfica » à Porto Alegre, au Brésil. En avril 2018, il a été l’un des commissaires de l’exposition MAGMA, dans le cadre du festival Fumetto à Lucerne.

En tant qu’illustrateur, Nik Neves contribue régulièrement à des magazines du monde entier, tels que « Descobrir Catalunya » (Espagne), « National Geographic Traveller » (Royaume-Uni) ou encore « Arte Magazine » (Allemagne). Son travail est présenté dans les ouvrages « Illustration Now! 5 » et « Mind the Map » des maisons d’édition allemandes Taschen et Gestalten.

 

 

Entflogen

! ENTFLOGEN (envolé) ! Le canari a fui en s’envolant. « Entflogen » il s’est envolé, a-t-elle dit. De quelle autre manière un canari pourrait-il s’enfuir ?Mais pourquoi s’échapper maintenant ? S’il fait froid à vélo, imagine voler dans les airs.Il s’est fatigué de répéter des mots en allemand, a-t-elle dit. Les langues humaines sont du chinois pour eux, ou de même de l’allemand. Les canaris ne parlent pas.Dans le ciel, jusqu’ici, aucun signe, juste les corbeaux, noirs comme du charbon. « Il va neiger cette nuit », a-t-elle dit. Et il a neigé toute la nuit. Le jour s’est levé, blanc et superbe. Les couleurs du canari ont alors vibré comme jamais auparavant. 

 

 

Une Histoire de Marrons

Une Histoire de Marrons – Pour NicolauDans un pays appelé France, dans la ville de Paris, se trouvent des marronniers. ♦ Quand les marrons tombent de l’arbre, ils sont verts et couverts d’épines. En les frottant du pied, on peut ouvrir leur coque. La coque ne ressemble pas à ce qui se trouve à l’intérieur, lisse et doux, comme fait de bois. Certains marrons viennent par paires, chaque moitié s’emboîte dans l’autre… … à la perfection. ♦ Le parc est couvert de marrons, la plupart séparés de leur moitié.

J’ai deux marrons avec moi. ♦ Ils s’emboîtent l’un dans l’autre tout en étant différent. ♦ Je les ai trouvée dans le parc, parmi les autres. ♦ Ces marrons sont étranges. Ils ont l’air dur, comme du bois, mais à l’intérieur ils sont tendres. ♦ Des marrons grillés au feu de bois sont vendus en ville. Peut-être que ça rend notre histoire un peu triste, mais il n’y a pas de raison à cela. FIN

 

 

Foyer

Les plantes vertes ne se sont pas ennuyées de nous. Elles se sont mieux débrouillées sans nous. En fait, chaque chose est restée comme elle a toujours été. Un an après, les livres attendent toujours d’être lus. Les bagages sont maintenant dissimulés. La maison offre confort et intimité. La maison est-elle une illusion ? Ou la croyance trompeuse que tout sera comme avant ? Une maison qui abrite tous les rêves que l’on puisse rêver.Un abri tempéré.

En bas, la rue. Les voitures sont toujours pressées. Et à l’intérieur des voitures des gens effrayés. En route vers de nouvelles maisons.Vers de nouveaux rêves, peut-être.« Je ne sais pas si je vais m’y habituer. », dit-elle.Je pense la même chose, mais je ne dis rien. J’essaie d’être à la maison. C’est mon illusion.

 

Toutes les pages © Nik Neves

 

LIENS

Bandes dessinées : inutilproject.com

Travail d’illustration: www.nikneves.com